Un malheureux accident, ni plus ni moins ?
(Mise à jour le 6/12/2020)

Bien des questions auxquelles il faudra répondre
L'action judiciaire s'est focalisée, comme souvent dans un premier temps, sur la faute individuelle.Sans cela, point d'espoir d'améliorer la sécurité de l'espace public. Nul doute que la procédure civile à venir y contribuera... et établira de nouvelles responsabilités. C'est dans ce but et en raison de ses liens avec la victime que l'AVAP s'est constituée partie civile et vous propose une synthèse de ce qui est connu de l'accident et des questions qui se posent.
Que sait-on de l'accident du 8 janvier 2020 ?
L'accident s'est produit sur le carrefour giratoire de la douane à Anglet entre une automobile et un vélo. Le cycliste est décédé des suites de ses blessures.
Ce carrefour est situé à l'intersection de la promenade de la Barre, de la rue du Moulin Barbot à l'ouest et de l'avenue Abbé Cestac à l'est. Il y a donc 4 branches dont les entrées et les sorties sont à une voie. Le rayon extérieur de l'anneau est de 22 m, celui de l'ilot central 15 m, ce qui laisse une chaussée de 7 m de large.
Le schéma annexé au Procès verbal de police reprend cette topographie et matérialise un arrêt de bus situé dans le giratoire au sud, ainsi qu'une piste cyclable bidirectionnelle sur la promenade de la barre. Elle contourne le giratoire par le nord et l'ouest.
Les trajectoires suivies par les acteurs de l'accident sont indiquées : L'automobile A, suivie par le témoin T, approche par la branche sud de la promenade de la barre en provenance des cinq cantons.
Le vélo B vient de la rue du moulin barbot.
L'automobiliste laisse passer un véhicule qui tourne sur l'anneau et s'insère à son tour, à vitesse réduite, sans avoir vu arriver le cycliste, déclarant avoir été ébloui par le soleil. Le choc se produit à faible vitesse et provoque la chute du cycliste à une dizaine de mètres plus loin.
Le procès verbal fait état de traces de choc cohérentes à l'avant gauche du pare choc du véhicule entrant et sur la roue arrière du vélo.
Le cycliste invisible
Le témoin confirme la vitesse réduite de l'automobiliste, entre 20 et 30 km/h. Lui aussi déclare ne pas avoir vu le cycliste.
Cette "invisibilité" du cycliste est retrouvée à l'origine de ce type d'accident par refus de priorité au cycliste sur l'anneau par le véhicule entrant. C'est une configuration accidentelle fréquente sur ce type de giratoire. Elle peut s'expliquer par plusieurs raisons vraisemblablement associées.
La morphologie du giratoire a façonné les trajectoires
Avant d'entrer dans le giratoire, le cycliste (vert) est masqué par la végétation alors qu'il vient de bénéficier d'un faux plat descendant lui permettant de rouler sans effort à plus de 30 km/h (vélo de course sans assistance électrique). Du fait de la morphologie du giratoire, il voit de loin le véhicule jaune circulant dans l'anneau et s'insère derrière lui pour un trajet raccourci en distance et en temps jusqu'à l'embranchement suivant. Ce véhicule jaune constitue donc un masque à la visibilité entre le vélo et l'automobiliste entrant (bleu). L'importante largeur de l'anneau (équivalente à deux voies) l'incite à entrer précocement dans l'anneau, surtout si le véhicule jaune a pris la corde.
- la visibilité du quart gauche de l'anneau pour le véhicule entrant doit être assurée et il ne doit pas y avoir de courbes ou de contrecourbes sur les entrées-sorties (car elles modifient les rayons et donc les vitesses de passage). Pourquoi ces règles n'ont-elles pas été respectées ?
- la grande taille du giratoire et la largeur de l'anneau supérieure à une voie sont connues comme des facteurs de risque certains pour les cyclistes. Comment sont-elles justifiées alors qu'entrées et sorties sont à une voie et que les trafics moyens journaliers sont connus et modérés (4 615 véh./j avenue de Montbrun et 3 501 véh./j promenade de la Barre en 2015) ? L'arrêt de bus serait-il la seule justification de cette surlargeur ?
- la piste cyclable de la promenade de la barre et du giratoire a été aménagée sur le trottoir, sans cheminement piétonnier conforme à l'arrêté du 15 janvier 2007 (y compris sur le trottoir controlatéral) et sans dérogation préalable. Les exigences de la loi sur l'accessibilité ne sont donc pas respectées. Pourquoi et qui l'a décidé ?
- les traversées de chaussée de la piste cyclables sont marquées par des damiers verts qui ne sont ni réglementaires, ni homologués (plan vélo de l'agglomération). Les marquages autorisés sont définis dans une instruction inter ministérielle ;
- cette piste cyclable n'intéresse ni la totalité de l'anneau, ni l'avenue abbé Cestac, alors qu'il s'agit d'un axe identifié comme principal dans le plan de déplacements urbains de l'agglomération de 2015. Pourquoi cet aménagement, pourtant budgeté, n'a-t-il pas été réalisé ?
- malgré son caractère incomplet, cette piste cyclable "délégitime" la présence des cyclistes dans l'anneau, situation connue comme susceptible de provoquer des réactions aggressives de la part des automobilistes.
C'est pas nous !
Mais alors qui est-ce ?
À ce stade, il faut également remarquer que la commune n'était pas représentée à l'audience, alors qu'elle est mise en cause au civil. Au delà de l'aspect humain, l'analyse de l'arbre des causes de l'accident n'est à l'évidence pas de ses préoccupations.
Quoiqu'il en soit, l'aménagement n'est pas seul en cause
Chez le cycliste, même si cela n'a eu aucune influence dans la genèse de l'accident, l'absence du casque chez un usager le portant toujours est incompréhensible. Le trajet était-il trop court ? Nul doute qu'il aurait contribué à réduire la gravité des lésions cérébrales. De façon tout aussi certaines, le port de couleurs sombres a certainement contribué à réduire sa visibilité dans les conditions de l'accident.
Le véhicule Peugeot 208 accidenté est décrit par certains comme ayant un montant de parebrise avant gauche générant un angle mort important.
L'automobiliste porte des lunettes et au delà du trouble les nécessitant, le PV ne précise pas si les branches de la monture sont larges et susceptibles de limiter sa vision périphérique. Si c'est le cas, lui avait-on expliqué ce risque ?
Il n'a pas bu d'alcool mais a pu être victime d'un trouble de la vigilance pour d'autres raisons : il est à jeun... Peut-être prend-il des médicaments contrindiquant la conduite automobile (comme 20% de la population) ? Si oui, est-il seulement conscient de ce risque ? (son médecin le lui a-t-il signalé ?)
Tous ces éléments, et sûrement d'autres, ont donc influencé la perception réciproque du vélo et de l'automobile. Ils devront être pris en compte pour la détermination des responsabilités, particulièrement en regard de la réglementation. En termes de prévention, chacun devra surtout se rappeler que 10% des usagers ont un temps de réaction atteignant 2,5 s. Les vitesses devront être singulièrement réduites pour en tenir compte.
BAB interdit aux vélos
ATTENTION
Vous aussi, vous en avez assez ?
Vous pouvez aider l'AVAP à agir en justice pour la sécurité des piétons et des cyclistes !
Nous avons mis en place une collecte de dons chez HelloAsso.
Pourquoi ?
Depuis 2017, notre association se bat pour faire respecter les droits des piétons, des personnes à mobilité réduite et des cyclistes dans l’Agglomération BAB.Depuis cette publication, les engagements et les règles établies n'ont toujours pas été respectés. La majorité des aménagements cyclables planifiés n'ont pas été réalisés ou sont devenus des "trottoirs partagés" conflictuels et dangereux, pour les cyclistes à cause des intersections propres à ce type de piste et pour les piétons qui sont les grands perdants, d'autres trottoirs étant aussi sacrifiés au profit du stationnement automobile.
Oui, mais...
Nous avons participé à tous les évènements et réunions techniques organisés par le Syndicat des Mobilités et les communes, à la commission de sécurité routière de Bayonne, aux conseils de quartier d’Anglet, etc.Nous appuyant sur les données épidémiologiques scientifiquement reconnues en matière accidentelle, nous avons constamment dénoncé les aménagements non conformes et/ou dangereux, puis demandé l'application des solutions proposées par le CEREMA et le plan vélo validé par les élus de notre agglomération.
Malheureusement, ces élus "décideurs" ont été les grands absents de ces rendez-vous, chaque maire continuant de faire ce qu'il voulait dans sa commune. Les échecs répétés de nos démarches nous ont convaincus de la nécessité d'actionner la contrainte légale avec pour premier objectif d'obtenir le respect de la loi pour l’accessibilité (des personnes à mobilité réduite).
Nous avons ainsi initié un recours contentieux pour la mise aux normes des trottoirs de la rue Sainte Marguerite à Anglet, après le rejet par la commune de notre recours gracieux (les cheminements piétons y ont été réduits à 0,70 et 0,80 m de large au lieu du 1,40 m exigé).
Nous nous préparions à contester la perte d'accessibilité d'un trottoir suite à la création d'une piste cyclable quand l'un de nos co-présidents a été victime d'un accident mortel de vélo, précisément sur un itinéraire dont l'aménagement avait été oublié, quoique jugé prioritaire dès 2012.
Nous avons besoin de vous
Coronapiste du BAB
" Pour conserver les bienfaits du confinement sur la qualité de l’air et pour empêcher des situations d’engorgement automobile symptomatiques de nos modes de vie et de nos organisations territoriales, la Communauté Pays Basque, le Syndicat des Mobilité et certaines villes du Pays Basque ont choisi de créer provisoirement des aménagements cyclables." (Site CAPB)
Une piste cyclable bidirectionnelle a donc été créée sur le boulevard du BAB en remplacement de la voie de droite en allant de Bayonne à Biarritz, entre le giratoire de Jorlis et celui de l'Europe.
D'emblée, il convient de regretter les discontinuités cyclables avec les axes secondaires ainsi que l'absence d'effort pour réduire la coupure urbaine que constitue ce boulevard, particulièrement pour les piétons.
Plusieurs choix d'aménagement cyclables sont discutables car susceptibles d'être mal interprétés par les usagers et certains sont carrément dangereux.
Le giratoire de Jorlis est dangereux
Le giratoire de l'Europe
La signalisation est parfois incohérente
Aménagements cyclables et transparence...
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| Extrait facebook (semaine du 15 juin 2020) |
1 - Non, l'AVAP ne s'est pas opposée à la création d'une piste cyclable sécurisée par la municipalité.
Par contre, l'AVAP a contesté la déclaration publique de Mr le Maire de Bayonne selon laquelle l'association aurait été associée à la conception de cette piste. En effet, l'AVAP a seulement été conviée à une visioconférence de présentation d'un projet déjà abouti (moins de 8 jours avant le début des travaux avenue Malraux à Bayonne).
S’agissant de la création d’une piste cyclable bidirectionnelle à hauteur de trottoir, alors que le trafic journalier déclaré est inférieur à 5 000 véhicules/jour, l’AVAP a également « osé » questionner le niveau de priorité de cet aménagement.
En effet, selon la charte d'aménagement du plan vélo actuellement en vigueur, cette configuration ne nécessite pas forcément de séparer les trafics. La portion concernée de l’avenue André Malraux est en pleine zone 30 et, en l’absence d’élément probant le justifiant (trafic lourd, pente prononcée), l'AVAP aurait préféré que les budgets soient en priorité orientés sur les liaisons partant du centre ville vers le sud (avec l'hôpital, deux lycées, un collège et technocités...) et vers Anglet.
Il a été répondu qu’il s’agissait d’une commande de Mr le Maire répondant à la demande des associations bayonnaises et que celles ci s’en félicitaient.
Aujourd’hui, cet aménagement est pratiquement terminé et un premier bilan est donc possible. Le trottoir enherbé côté montant a été bitumé pour créer une piste cyclable bidirectionnelle à hauteur de trottoir avec suppression de l'espace piétonnier. Dans le même temps, les bandes cyclables ont été supprimées et une bande de stationnement automobile a été créée côté descendant, alors qu’il était précédemment interdit.
Un important espace a donc été minéralisé au profit du stationnement automobile, en contradiction au moins apparente avec l’objectif environnemental revendiqué.
Alors que le diagnostic citoyen vélo de Bizi! ou celui du plan vélo de l'agglomération, comme les relevés de l’ONISR, ne détectaient aucun « point noir » le justifiant, cet aménagement pose surtout des problèmes d’accessibilité et de sécurité qui pouvaient être anticipés et qui engagent, du point de vue de l’AVAP, la responsabilité des décideurs :
- la suppression pure et simple du cheminement piéton côté montant parait difficilement compatible avec les exigences d’accessibilité en milieu urbain (loi de 2005) ;
- un partage de l’espace cyclable avec les piétons semble donc inéluctable, laissant présager des conflits d'usage à leur détriment ;
- l'accidentologie cycliste résultant de la création de plusieurs intersections avec les autres flux d’usagers (piétons, cyclistes, motorisés) n'est pas favorable :
- s'agissant d'une piste bidirectionnelle, la baisse statistiquement significative de 11% des accidents attendue en section courante (hors carrefours) est plus qu'annulée par une hausse statistiquement significative de 24% aux intersections (Elvik, Høye et al. 2009 cité par OCDE. Rapports de recherche du FIT : Le vélo, santé et sécurité. 2015) ;
- cet argument d'accidentologie n'est pas remis en cause par l'expérience acquise en France à partir du registre du Rhône ou plus largement par la revue de la littérature publiée par France Santé Publique en 2019 ;
- le diagnostic du plan vélo explique par ailleurs que l'excès de sécurité perçue et le déficit de sécurité vécue qui résultent de ces aménagements ont pour conséquence un risque d’accident élevé : les cyclistes ne sont pas en condition pour évaluer et gérer le danger alors que les automobilistes sont surpris de rencontrer un cycliste aux intersections.
"Hélas ! L'on dit bien vrai : qui veut noyer son chien l'accuse de la rage."
2 - Non, l'AVAP n'a pas critiqué une"opération" auprès des politiques présents
En revanche, un représentant de l'AVAP a effectivement échangé avec l'élu en charge du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) à propos des risques attachés à ce projet pour les raisons similaires à celles citées au paragraphe précédent.
"L'opération", s'il s'agit bien d'elle, consistait en effet à aménager de façon provisoire une piste cyclable bidirectionnelle sur le pont Saint Esprit à Bayonne en remplacement d'une voie motorisée et à la présenter comme solution à l'échec des expérimentations menées depuis l'arrivée du tram'bus sur les trottoirs).
Le représentant de l'atelier vélo Txirrind'ola sera heureux d'apprendre que la discussion en cause ne faisait que prolonger les échanges en cours au CLSPD, l'organisme s'étant saisi du sujet et le représentant de l'AVAP y siégeant depuis plus de deux ans.
La chose se complique si l'on considère que le représentant de l'AVAP sus-incriminé est également adhérent de la dite association organisatrice de l'évènement (ce n’est pas le seul) et mieux, la représentait au CLSPD, au moins jusqu'à cette date.
"...Et service d'autrui n'est pas un héritage."
3 - "... au courant de notre travail, c'est une vaste blague"
La vaste blague dure depuis un moment.
L'AVAP a été créée par des adhérents de Txirrind'ola "pour ne pas risquer d’incommoder les élus quand il a fallu s’attaquer à l’inaction publique". L'atelier vélo Txirrind'ola se définissait en effet comme "un atelier vélo. Ni plus, ni moins que la boite à outils des cyclistes du coin qui concourt à la vélonomie de ses adhérents."
Quelques mois plus tard et en réponse aux demandes de l'AVAP, le syndicat des mobilités acceptait un cycle de rencontres avec les associations à propos des travaux du tram'bus. L'atelier vélo, sans avoir informé la masse de ses adhérents y envoyait des représentants qui n’ont à aucun moment accepté de participer à des réunions préparatoires inter-associations, notamment pour l'établissement d'un référentiel commun. Faute de prendre en compte les réalités locales d’urbanisme, l’ « oubli » par l’administration de ses obligations de suivi et d’information en matière d’environnement et d’accidentologie et surtout les exigences du plan vélo actuel, les positions respectives de certaines associations sont rapidement devenus divergentes, voire incompatibles, face à la question clé : que fait-on quand l'espace disponible est insuffisant pour créer des pistes cyclables apportant réellement une sécurité, ce qui est notamment le cas entre Saint Léon et Marracq ?
L’actualisation du plan vélo pour tenir compte des évolutions réglementaires et sa mise en application sont ainsi devenus des objectifs incontournables du projet d'observatoire des mobilités soutenus par les associations des citoyens du Seignanx, de l'AF3V et de l'AVAP.
Dans le cas des aménagements transitoires réalisés pour le déconfinement, la cyclabilité s'avère insuffisante à cause du traitement des intersections, quelque soit le référentiel utilisé. Non par manque d'emprise, mais à cause d'un oubli de la réalité des risques et des recommandations applicables. Les risques de conflits ont augmenté avec des vitesses restant élevées. L'AVAP a donc classé ces voiries comme dangereuses, quels qu'en soient les auteurs (1 & 2), à cause du traitement de certaines intersections.
Fallait-il malgré tout faire la promotion de ces aménagements en prétendant à leur sécurité ? L’AVAP a choisi de s’en tenir aux faits et d’assumer ses responsabilités, sans aucune arrière pensée politique. Cette position a été à l'évidence mal vécue par les représentants de l'atelier vélo. Que faire ? Cette situation leur est en effet imputable et ce, dès la création de leur "groupe transport" : le membre de l'AVAP également adhérent de Txirrind'ola et siégeant au CLSPD s'est en effet vu refusé sa participation à ce groupe au motif qu'il était à l'AVAP... Donc "enragé", à n'en pas douter.
Le refus de discuter technique dès l'origine des dossiers est donc constant et bien antérieur aux griefs actuellement invoqués. Quand la blague ne les fera plus rire, ils nous appelleront peut-être, qu'on travaille enfin (et démocratiquement) au bien commun.
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Bibliographie
Le plan vélo de l'agglomération (2012-2015)
Les rapports de recherche du FIT Le vélo, santé et sécurité (2015)
Typologie des accidents corporels de cyclistes âgés de 10 ans et plus : un outil pour la prévention (2015)
Epidémiologie des accidents de vélo et les stratégies de prévention pour les éviter (2019)
CORONAPISTES et sécurité des usagers
(MAJ du 19 juin)
Attention !
L'AVAP étend son alerte sur la dangerosité des aménagements cyclables provisoires aux giratoires du boulevard d'Aritxague et de Jorlis (après ceux de la RD810).
Sensés répondre aux nécessités sanitaires du déconfinement en proposant des solutions de déplacement alternatives aux transports en commun, ces aménagements ne satisfont pas actuellement aux exigences de sécurité communément admises et particulièrement à celles de la charte d'aménagement cyclable de l'agglomération.
Les aménagements provisoires à Bayonne, Anglet, Biarritz
Extrait du site Communauté Pays Basque :
Sur cette carte de l’agglomération, les aménagements provisoires sont en rouge et concernent des sections du boulevard du BAB, du boulevard d'Aritxague et de la RD810. Cette dernière portion a déjà fait l'objet d'une alerte de l'AVAP en raison de sa dangerosité.
Le pourquoi et le comment de ces aménagements
1) Respecter un gabarit sanitaire
Les pistes cyclables doivent être conçues pour permettre aux cyclistes de circuler dans des conditions sanitaires satisfaisantes. Il faut donc observer une distance latérale de dépassement de 1 mètre tout en conservant un espace tampon de 15 cm de part et d’autre de l’aménagement cyclable. C’est pourquoi une largeur minimale de 2,5 mètres est recommandée pour un aménagement cyclable unidirectionnel. Pour la maintenir, les aménagements cyclables unidirectionnels existants peuvent aussi être élargis d’un mètre de plus gagné sur les voies adjacentes de trafic motorisé, sans nécessairement modifier le nombre de voies.2) Réduire le nombre de voies affectées au trafic motorisé
Les artères urbaines à 2X2 ou 2X3 voies sans stationnement motorisé latéral sont particulièrement adaptées pour accueillir de tels aménagements cyclables. Les axes 2×2 voies peuvent être transformés en des axes 2×1 voie pour les voitures, bordés de bandes cyclables larges de 2,5 mètres et délimitées par des balises d’alignement.3) Modérer la vitesse des véhicules motorisés
La modération de la vitesse des voitures est un des outils fondamentaux de la sécurité réelle et perçue des cyclistes. Elle est une condition nécessaire à l’attractivité de l’espace public pour les cyclistes et les piétons. Il est donc souhaitable que les aménagements de voirie proposées (dont la réduction du nombre de voies motorisées) s’accompagnent d’une réduction de la vitesse maximale autorisée, avec des mesures de contrôle de la vitesse jusqu’à l’implantation de dispositifs de modération de la vitesse. La période de déconfinement peut être à cet effet, l’occasion d’accélérer la mise en œuvre de tels projets déjà étudiés. Enfin, il faut vérifier que les zones de circulation apaisée existantes (zones 30, zones de rencontre et aires piétonnes) font l’objet d’un respect effectif des vitesses maximales autorisées, et de prendre des mesures adéquates si nécessaire.4) Garantir un faible trafic motorisé en modifiant le plan de circulation
Garantir un faible trafic motorisé permet d’assurer la cohabitation entre les cyclistes et les véhicules motorisés. Le faible flux motorisé en début de déconfinement est l’occasion de tester des modifications du plan de circulation pour libérer de la place au profit des espaces dédiés aux cycles, et/ou d’accélérer des opérations déjà programmées. Dans cette logique, plusieurs mesures ponctuelles peuvent être prises comme la fermeture de rues au trafic motorisé, qui permet de libérer de la place pour les piétons et les cyclistes et de faciliter leur circulation dans le respect des exigences de distanciation physique. L’autre moyen efficace de réduire le trafic de transit de voitures est de transformer une rue à double sens de circulation générale en une rue à sens unique avec une piste cyclable à double sens.5) Mettre en oeuvre une signalisation temporaire de séparation entre cyclistes et trafic automobile
L’aménagement cyclable peut être créé avec la signalisation temporaire habituellement utilisée pour les chantiers sur la voirie publique, en particulier lors du rétablissement de continuité cyclable. L’usage de la signalisation temporaire a l’avantage de guider les usagers motorisés en les incitant à modifier leur comportement face à une situation inattendue. Elle est d’autant plus simple à mettre en œuvre que la présence automobile est faible, et d’autant plus rapidement réalisable avant la reprise du trafic motorisé.Le marquage des aménagements cyclables temporaires est de couleur jaune conformément à l’instruction interministérielle sur la signalisation routière. Dans les cas où le volume de trafic est modéré et où les vitesses sont maîtrisées, ce seul marquage jaune peut suffire pour séparer les cyclistes du trafic motorisé. La signalisation des aménagements cyclables, temporaires ou non, peut se faire à l’aide de la seule signalisation verticale (panneaux) ou de la seule signalisation horizontale (marquage au sol). Si le trafic routier est important et/ou rapide, la mise en place de séparateurs modulaires en béton s’impose. Leur taille peut varier en fonction de la largeur disponible et des conditions de circulation.
6) Agir sur les emplacements de stationnement réservés aux véhicules motorisés
Dans certains secteurs, les mesures de confinement ont entrainé une libération des places de stationnement motorisé. C’est une opportunité pour transformer l’espace ainsi libéré en pistes cyclables. Il est par ailleurs possible de libérer des places sur la voirie par une meilleure utilisation des parcs de stationnement en ouvrage ainsi que des espaces de stationnement privés. Une autre solution consiste à décaler les places de stationnement motorisé pour créer une piste cyclable intercalée entre le trottoir et les véhicules stationnés. Cette alternative permet de constituer naturellement des espaces tampons entre les voies de circulation et les aménagements cyclables. Elle permet également d’ajouter du stationnement vélo.7) Mettre en place un stationnement vélos
Il s’agit de profiter de l’espace libéré par la baisse du volume de trafic automobile, pour positionner un stationnement vélo amovible et s’adapter à la demande. Il est de préférence aménagé en supprimant des places de stationnement de véhicules motorisés. A défaut de stationnement vélo amovible, on peut avoir recours à des barrières « Vauban » correctement disposées auxquelles le cycliste accroche l’avant du vélo.8) Prendre en compte les piétons
La mise en place des stationnements vélos ne doit pas entraver la circulation des piétons, mais leur permettre de conserver des cheminements de 2,50 m de largeur minimum. Cet aménagement de stationnement s’effectue donc dans le plus grand respect de la continuité des cheminements piétons existants, autrement dit de leurs trajectoires et de leurs dimensions, ainsi que dans la nécessité de distanciation physique obligatoire entre piétons en adaptant leurs trajectoires pour se croiser à une distance suffisante. Il faut donc veiller à leur permettre de conserver des cheminements de 2,50 m de largeur minimum pour respecter la distanciation physique en période de déconfinement. Pour faciliter ainsi conjointement les déplacements des piétons et des cyclistes, il convient de fournir à ces deux types d’usagers des espaces de dimensions adaptées à leurs besoins dans un contexte sanitaire sensible.9) Autoriser les cyclistes à circuler dans les couloirs de bus
On peut autoriser provisoirement la circulation des vélos dans les couloirs de transport en commun en site propre auparavant interdits aux cyclistes, notamment dans la période de remontée en charge du système de transport public, où la fréquence des lignes est plus faible qu’avant le confinement. Pour les arrêts peu fréquentés, le quai de bus peut être maintenu et l’aménagement cyclable doit s’interrompre à l’endroit de l’arrêt de bus. Dans certains cas de forte affluence, un quai modulaire peut être implanté.L'état des lieux au 6 juin 2020
- le BAB a fait l'objet d'interdictions successives pour les cyclistes (d'abord à Biarritz, puis à Anglet), alors même que le projet politique en faisait un boulevard urbain ;
- la RD810 a vu disparaître une section de la voie de bus partagée de l'avenue du maréchal Soult à Bayonne puis les bandes cyclables de l'avenue d'Espagne à Anglet, avant que le tram'bus ne les amputent un peu plus...
La RD810 à Bayonne
Le boulevard d'Aritxague à Bayonne
Dans cette attente, l'AVAP considère cette voirie comme non cyclable et recommande la plus extrême prudence aux cyclistes obligés d'emprunter cette voirie.
Le boulevard du BAB
Au total
En termes d’itinéraires cyclistes, seule la réduction d'une voie du boulevard du BAB constitue un véritable changement de paradigme permettant de tester l'indispensable redistribution de l'espace imposée par les impératifs sanitaires et environnementaux. Outre la "discrétion" des aménagements proposés, l'AVAP est malheureusement contrainte de conclure à la dangerosité de certains d'entre eux, car ne respectant pas l’état de l’art.























